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La nonnette de Dijon est une de ces petites douceurs qui réveillent instantanément les souvenirs d'enfance. Ce petit pain d'épices rond et bombé, moelleux à cœur, recouvert d'un glaçage brillant et surtout fourré d'un cœur coulant de marmelade d'orange, est une spécialité bourguignonne dont le nom évoque les religieuses des couvents médiévaux qui, dit-on, en confectionnaient déjà. Mordre dans une nonnette, c'est sentir d'abord la douceur du glaçage, puis le moelleux épicé du biscuit au miel, avant que le cœur d'orange ne vienne apporter sa fraîcheur acidulée. C'est un mariage parfait entre le parfum chaud des épices, la rondeur du miel et le peps de l'agrume. Dijon, capitale historique du pain d'épices français aux côtés de Reims, a fait de la nonnette une gourmandise emblématique, présente dans toutes les épiceries fines de la région. Les préparer soi-même est étonnamment accessible et permet de retrouver ce goût authentique, bien plus parfumé que les versions industrielles. Voici comment réaliser chez vous ces petits pains d'épices glacés et fourrés, pour un goûter réconfortant aux accents de Bourgogne.
Les ingrédients des nonnettes
La base de la nonnette est celle du pain d'épices bourguignon, où le miel joue le premier rôle. Pour une douzaine de petites nonnettes, comptez deux cent cinquante grammes de miel, de préférence un miel de caractère comme le miel de sapin ou de forêt qui apporte de la profondeur, ainsi que cent cinquante grammes de farine. En Bourgogne, la tradition veut que l'on utilise en partie de la farine de seigle, qui donne une mie plus dense et un goût plus rustique, mais la farine de blé seule convient très bien. Ajoutez un œuf, cinquante grammes de sucre, un sachet de levure chimique, et surtout le mélange d'épices qui fait toute l'âme du pain d'épices : cannelle, gingembre, muscade, girofle et anis, dans les proportions qui vous plaisent. Un zeste d'orange râpé parfume agréablement la pâte. Pour le cœur fondant, il vous faut une bonne marmelade d'orange amère, une cuillère déposée au centre de chaque nonnette avant cuisson. Enfin, le glaçage se prépare tout simplement avec du sucre glace et un peu d'eau ou de jus d'orange, étalé sur les gâteaux encore tièdes pour qu'il fige en une fine couche brillante. Le choix du miel est déterminant : c'est lui qui donne le moelleux et le parfum, et il vaut la peine de s'y attarder. Pour comprendre comment chaque variété influence le goût de vos pâtisseries, ce tour d'horizon des types de miel et de leurs utilisations vous guidera utilement dans le choix du pot idéal pour vos nonnettes.
Une douceur née dans les couvents de Bourgogne
L'histoire de la nonnette se confond avec celle du pain d'épices, gâteau très ancien dont les origines remontent à la Chine puis à l'Orient, avant d'être rapporté en Europe et adopté par les monastères au Moyen Âge. Ce sont en effet les religieuses, les nonnes, qui auraient donné leur nom à ces petites boules de pain d'épices, confectionnées dans les couvents où l'on maîtrisait l'art du miel et des épices rares. Dijon devint au fil des siècles la grande capitale française du pain d'épices, favorisée par sa position sur les routes commerciales et par la richesse des ducs de Bourgogne, grands amateurs de ces douceurs. Les fabricants dijonnais perfectionnèrent la recette, ajoutant le cœur de marmelade et le glaçage qui distinguent la nonnette du pain d'épices classique en pavé. Aujourd'hui encore, la nonnette reste indissociable de l'image gourmande de Dijon, au même titre que sa moutarde et son cassis. Elle incarne cette Bourgogne généreuse et raffinée, terre de vignobles et de bonne chère, où la table tient une place centrale. Si vous aimez ces desserts profondément bourguignons, vous apprécierez sans doute aussi les poires pochées au vin rouge, autre grand classique de la région où le fruit et les épices se rencontrent dans un sirop parfumé, dans le même esprit de douceur réconfortante que la nonnette.
| Étape | Durée indicative |
|---|---|
| Faire tiédir le miel avec le sucre | 5 minutes |
| Mélanger les ingrédients secs et les épices | 5 minutes |
| Assembler la pâte et remplir les moules | 10 minutes |
| Déposer le cœur de marmelade | 5 minutes |
| Cuire au four les nonnettes | 18 à 20 minutes |
| Glacer les gâteaux encore tièdes | 10 minutes |
La préparation pas à pas
Préchauffez le four à cent soixante degrés et beurrez des petits moules à muffins ou des moules à savarin individuels. Commencez par faire tiédir le miel dans une casserole avec le sucre, sans le faire bouillir, juste pour le rendre plus fluide et facile à incorporer. Dans un saladier, mélangez la farine, la levure, le zeste d'orange et toutes les épices. Versez le miel tiède sur ce mélange sec, ajoutez l'œuf battu et remuez jusqu'à obtenir une pâte homogène et un peu épaisse. Remplissez les moules à mi-hauteur, déposez au centre de chacun une cuillère à café bien pleine de marmelade d'orange, puis recouvrez d'un peu de pâte afin d'enfermer le cœur fondant. Ne remplissez pas les moules à ras bord, car la pâte gonfle à la cuisson. Enfournez dix-huit à vingt minutes : les nonnettes doivent être bombées et souples au toucher, une lame plantée dans la partie sans marmelade doit ressortir sèche. Pendant ce temps, préparez le glaçage en mélangeant le sucre glace avec juste assez de jus d'orange ou d'eau pour obtenir une consistance nappante mais pas trop liquide. Dès la sortie du four, démoulez délicatement les nonnettes et, quand elles sont encore tièdes, badigeonnez le dessus de glaçage à l'aide d'un pinceau. Le glaçage doit figer en refroidissant et former une fine pellicule brillante. Laissez refroidir complètement sur une grille. Cette technique de pâte au miel épicé est la même que celle du pain d'épices moelleux traditionnel, dont la nonnette n'est finalement qu'une déclinaison individuelle et fourrée, plus gourmande encore.
Astuces, conservation et dégustation
Le secret d'une nonnette réussie tient à son moelleux, et celui-ci se bonifie avec le temps. Comme le pain d'épices, les nonnettes sont meilleures un ou deux jours après leur cuisson, lorsque les arômes des épices ont eu le temps de se diffuser et que la mie a gagné en fondant. Conservez-les dans une boîte hermétique, elles se gardent ainsi facilement une semaine et restent moelleuses grâce au miel, qui retient l'humidité. Veillez à ne pas trop cuire les nonnettes, sous peine de les dessécher : elles doivent rester souples. Pour le cœur, la marmelade d'orange amère est la plus traditionnelle, mais on peut varier les plaisirs avec de la confiture d'abricot, de la gelée de cassis, très bourguignonne, ou même une cuillère de miel épais. Si vous aimez un parfum plus intense, augmentez la dose de girofle et d'anis, qui donnent au pain d'épices son caractère. Pour le glaçage, le jus d'orange apporte une jolie note d'agrume qui répond au cœur fourré, mais un simple glaçage à l'eau convient tout aussi bien. Les nonnettes se dégustent au goûter ou au petit-déjeuner, avec un thé noir parfumé, une infusion ou un chocolat chaud qui souligne les épices. Elles accompagnent aussi merveilleusement un café en fin de repas. Présentées dans une jolie boîte, elles font un cadeau gourmand délicat, parfait pour offrir un morceau de Bourgogne fait maison. Leur parfum de miel et d'épices, leur glaçage brillant et leur cœur d'orange en font une douceur intemporelle, aussi réconfortante aujourd'hui qu'au temps des couvents dijonnais.
Le miel et les épices, l'âme de la nonnette
Si la nonnette possède ce parfum si particulier, elle le doit avant tout à son miel et à son mélange d'épices. Le miel n'est pas ici un simple sucrant : il structure la pâte, lui donne son moelleux durable et son parfum profond. Un miel de sapin, sombre et boisé, apportera des notes presque résineuses très bourguignonnes, tandis qu'un miel de forêt ou de châtaignier offrira une amertume élégante qui répond joliment à la marmelade d'orange. Évitez les miels trop clairs et neutres, comme l'acacia, qui donneraient une nonnette plus fade. Les épices, elles, se dosent avec soin : la cannelle apporte la chaleur, le gingembre une pointe piquante, la muscade une rondeur boisée, le clou de girofle une profondeur intense et l'anis cette fraîcheur légèrement réglissée typique du pain d'épices dijonnais. Vous pouvez composer votre propre mélange selon vos goûts, en gardant la cannelle comme base et en ajustant les épices plus corsées avec parcimonie. Certains ajoutent une pointe de cardamome ou de badiane pour un parfum encore plus complexe. L'important reste l'équilibre : les épices doivent envelopper le miel sans jamais l'écraser.
Le glaçage brillant, signature de la nonnette
Le glaçage n'est pas un simple ornement : il fait partie intégrante de l'identité de la nonnette et la distingue du pain d'épices en pavé. Cette fine pellicule sucrée, blanche et brillante, protège le gâteau du dessèchement, prolonge son moelleux et apporte au premier contact une douceur qui contraste avec l'amertume du cœur d'orange. Pour le réussir, la consistance est essentielle : trop liquide, il glisse et ne couvre pas ; trop épais, il fige en croûte irrégulière. Visez une texture nappante, semblable à celle d'une crème un peu fluide, qui recouvre le dos d'une cuillère. Le jus d'orange, en remplacement de l'eau, renforce l'accord avec la marmelade et donne au glaçage une teinte à peine dorée. Appliquez-le toujours sur des nonnettes encore tièdes mais non brûlantes : sur un gâteau trop chaud, le glaçage fond et disparaît ; sur un gâteau déjà froid, il accroche mal et s'étale de façon irrégulière. Un pinceau souple permet un dépôt régulier et net, du plus bel effet.
Réussir la cuisson des nonnettes
La cuisson est l'étape la plus délicate, car une nonnette trop cuite perd tout son intérêt. Le four doit rester modéré, autour de cent soixante degrés, pour laisser la pâte au miel gonfler doucement sans brunir trop vite en surface. Une chaleur trop forte colorerait l'extérieur avant que le cœur ne soit cuit, laissant une mie crue au centre. Surveillez attentivement à partir de la quinzième minute : les nonnettes sont prêtes lorsqu'elles sont bien bombées, souples sous le doigt et légèrement dorées. Le test de la lame reste le plus fiable, à condition de piquer dans la partie sans marmelade, car le cœur fondant fausserait le résultat. N'ouvrez pas le four trop tôt : un choc thermique ferait retomber les petits gâteaux. Si vous utilisez des moules en silicone, la cuisson peut demander une ou deux minutes de plus qu'avec des moules métalliques, plus conducteurs.
Les astuces de chef pour des nonnettes parfaites
Quelques gestes simples font toute la différence. D'abord, faites tiédir le miel sans jamais le porter à ébullition : une chaleur excessive détruirait ses arômes les plus délicats et durcirait le sucre. Ensuite, laissez si possible reposer la pâte une demi-heure avant d'enfourner, afin que la farine s'imprègne du miel et que les épices diffusent pleinement leurs parfums. Beurrez et farinez soigneusement les moules, ou utilisez des empreintes en silicone, car la pâte au miel a tendance à coller. Pour un cœur bien centré, déposez la marmelade au milieu puis refermez avec une petite quantité de pâte, sans chercher à lisser la surface. Enfin, faites preuve de patience : comme tout pain d'épices, la nonnette se bonifie après un jour ou deux de repos, le temps que les parfums se fondent et que la mie gagne en fondant. Préparez-les donc à l'avance plutôt qu'au dernier moment.
Les erreurs fréquentes à éviter
La première erreur, la plus commune, est de trop cuire les nonnettes, ce qui les dessèche et gâche leur moelleux. La deuxième est de remplir les moules à ras bord : la pâte lève, déborde et le cœur de marmelade risque de s'échapper. Remplissez toujours à mi-hauteur avant d'ajouter la garniture. Autre écueil, un miel de mauvaise qualité ou trop neutre, qui prive la nonnette de son parfum caractéristique. Attention aussi au dosage des épices : une main trop lourde sur le girofle ou l'anis peut vite rendre le goût amer et médicinal. Le glaçage appliqué au mauvais moment, sur un gâteau brûlant ou complètement froid, est une autre source de déception. Enfin, ne négligez pas le repos : dégustées à peine sorties du four, les nonnettes n'ont pas encore développé toute leur richesse aromatique.
Variantes et déclinaisons gourmandes
La nonnette se prête à de nombreuses interprétations. Le cœur de marmelade d'orange amère est le plus traditionnel, mais rien n'interdit de le remplacer par une gelée de cassis, clin d'œil au grand fruit bourguignon, par une confiture d'abricot plus douce, ou par du miel épais pour une version encore plus fondante. Certains gourmands glissent un carré de chocolat noir au centre, qui fond à la cuisson en un cœur intense. Côté pâte, une part de farine de seigle accentue le caractère rustique, tandis qu'un soupçon de fleur d'oranger ou de zeste de citron apporte une note plus fraîche. Pour les fêtes, on peut parfumer le glaçage d'une pointe d'épices. Les enfants apprécieront une version au miel doux et à la cannelle seule, plus consensuelle. À chacun sa nonnette, pourvu que l'on respecte l'équilibre entre le miel, les épices et l'agrume.
Service, accords et idées cadeaux
Les nonnettes se dégustent avant tout au goûter ou au petit-déjeuner, à la manière d'une viennoiserie réconfortante. Elles s'accordent à merveille avec les boissons chaudes : un thé noir parfumé à la bergamote ou aux épices, une infusion de verveine, un café serré en fin de repas ou un chocolat chaud onctueux qui prolonge les notes du pain d'épices. En hiver, elles accompagnent joliment un vin chaud ou un cidre épicé. Sur une table de fête, quelques nonnettes disposées dans une coupe apportent une touche gourmande et régionale très appréciée. Présentées dans une jolie boîte métallique ou un sachet noué d'un ruban, elles constituent un cadeau maison délicat, un vrai morceau de Bourgogne à offrir. Leur bonne conservation en fait aussi un présent facile à transporter, qui garde son moelleux plusieurs jours.
FAQ : vos questions sur les nonnettes de Dijon
Combien de temps se conservent les nonnettes ? Dans une boîte hermétique, elles restent moelleuses environ une semaine, et gagnent même en parfum après un ou deux jours. Peut-on les congeler ? Oui, sans le glaçage de préférence : emballez-les individuellement et glacez-les après décongélation. Peut-on remplacer le miel par du sucre ? Ce n'est pas conseillé, car le miel donne à la fois le moelleux, la couleur et le parfum ; un sirop de sucre ne le remplacerait qu'imparfaitement. Faut-il obligatoirement de la farine de seigle ? Non, la farine de blé seule convient très bien, le seigle apportant simplement une note plus rustique. Pourquoi mon cœur de marmelade a-t-il coulé ? Il n'était probablement pas assez enfermé dans la pâte, ou les moules étaient trop remplis. Enfin, quelle taille de moule choisir ? Les empreintes à muffins ou à savarin individuel donnent la forme bombée classique de la nonnette.
P.R.
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